6. Le mois d’octobre et les chasses à la palombe

Octobre, un mois spécial au Pays basque, comme dans tout le Sud-ouest de la France. Un mois durant lequel toute activité s’arrête. Le mois bleu, bleu comme ces palombes qui vont fendre notre ciel afin dans leur migration d’atteindre la péninsule ibérique. Que l’on soit chasseur ou pas, nos yeux vont se fixer vers le ciel, vers ce ciel où un spectacle extraordinaire nous est donné de voir chaque automne venu.

Partis du Nord-est de l’Europe (Norvège, Suède, Pologne, Ukraine, Hollande, Allemagne) ces millions d’oiseaux vont au péril de leur vie migrer vers des régions au climat plus propice pour y passer l’hiver. Mais, outre les conditions climatiques, les fusils des chasseurs et bien d’autres obstacles encore, il en est un dont l’importance est primordiale : la chaîne des Pyrénées. Oh bien sûr, pas toute la chaîne dans sa longueur, dans ses 430 km allant de l’Atlantique à la Méditerranée, mais dans un goulet d’à peine 50 km soit d’Hendaye à Irati.

Un goulet où sur des cols en altitude des centaines de chasseurs ont pris position, mais également en plaine dans des cabanes perchées à la cime des arbres appelés palombières.

 

 

 

 

 

Ce dernier itinéraire est donc réservé et ce, en cette période de migration allant du 1èr Octobre au 11 Novembre à tous ceux désireux de connaître cette tradition ancestrale. Cette tradition de la chasse à la palombe, mais tout simplement aussi le plaisir d’admirer de ses yeux un spectacle unique au monde.

Pour cela, je vous propose de vous le faire découvrir, de vous faire découvrir ces modes de chasse : les chasses aux filets appelés pantières.

Il subsiste encore 8 chasses de ce type en Pays basque et une en Béarn. J’en ai donc sélectionnées quatre, quatre d’accès facile, sur lesquelles je vous décrirai le processus et répondrai à toutes vos questions.

 

 

Il est évident, que seul l’oiseau décide, généralement en fonction de la météo et surtout des vents. Il peut donc tout au long de cette période citée plus haut y avoir des jours « de vache maigre » comme des jours d’embellie. Coutumier de cette migration depuis ma plus tendre enfance, j’y ai connu des journées à plus de 500000 palombes comme des journées à zéro. C’est un peu de la loterie me direz vous, mais comme je le rappelle, seul l’oiseau décide. Pour une fois que ce n’est pas l’homme, profitons en encore.

Nous pourrons donc nous rendre et ce, en fonction de la météo, sur les chasses d’Etxalar (au dessus de Sare), ou d’Osquich aux portes de la Soule comme de Naphal. Mais également sur les postes de comptage d’Arnéguy, Banca, Sare ou Urrugne afin d’observer ces oiseaux dans leur migration. Regroupés en vol allant de 50 individus à plus de 30000 parfois vous les verrez batailler ferme contre le vent, bien décidés à atteindre leurs lieux de villégiatures hivernaux de l’Estrémadure espagnole et de l’Alentejo portugais.

Malgré cela, je n’imposerai pas la chasse. Je ne suis d’ailleurs plus chasseur moi même depuis près de 40 ans. Il s’agit là d’un spectacle extraordinaire, un spectacle auquel il faut assister au moins une fois dans sa vie.

Depuis la sortie du film « le peuple migrateur » de Jacques Perrin, n’est il pas constaté un engouement certain pour ce phénomène? Les visiteurs des postes de comptage, notamment Sare et Urrugne, se comptent aujourd’hui par centaines, voire certains jours par milliers. Des passionnés venus de tout l’hexagone.

Le départ même matinal soit il, sera fixé à Cambo les Bains aux environs de 8 h du matin, pour un retour en début d’après midi selon les passages et la météo.