LE PAYS BASQUE ET SES MONTAGNES

LE PAYS BASQUE ET SES MONTAGNES.

Lorsque vous, touristes, découvrez ce pays des Basques, une première réflexion vous vient à l’esprit : « mais que ce pays est vert ! ».

En effet, le Pays basque est vert, un vert tendre, le vert de nos belles prairies et de nos estives. Cela est dû en partie au climat. Un climat mi-océanique, mi-montagnard, un micro-climat comme nous aimons le dire. En partie, oui, car outre l’alternance de pluie et de soleil radieux, sans oublier des températures clémentes en toutes saisons, ce pays est avant tout à vocation agricole. Principalement tourné vers l’élevage d’ovins de bovins et d’équidés, ne recense-t-on pas d’ailleurs plus de ces quadrupèdes que d’humains ?

EUSKAL HERRIA

L’Euskadi de son nom basque est composé de 7 provinces. Sa superficie est de 20500 km² pour une population de 3 millions d’âmes. 4 de ces provinces sont situées en Espagne, c’est l’Hegoalde (côté Sud). Nous y trouvons la Navarre ayant pour capitale Pampelune, le Guipuzcoa capitale St Sébastien, la Biscaye capitale Bilbao et l’Alava capitale Vitoria.

Donc restent 3 provinces en France et revenons sur celles ci dont l’ensemble est dénommé Ipharaldé (côté Nord). Pour une superficie de près de 3000 km², sa population est d’environ 280000 habitants. Cet Ipharaldé est composé du Labourd dont la capitale est Bayonne, de la Basse-Navarre capitale St Jean Pied de Port et de la Soule capitale Mauléon.

LA CÔTE

Situé le plus à l’Ouest et en deçà de l’Adour, le Labourd borde le littoral Atlantique. Nous y voyons ici les grandes villes telles, Bayonne, Anglet, Biarritz, Bidart, Guéthary, St Jean de Luz et Hendaye.

Il va sans dire que l’activité principale de ces villes est liée au tourisme, mais l’on y rencontre de nombreuses entreprises industrielles comme artisanales. L’aéronautique y a toujours occupé une place prépondérante comme le bâtiment d’ailleurs. Le commerce quant à lui a vu son essor depuis de nombreuses années et cela est en partie dû à l’afflux touristique. Outre les hypers et supermarchés, une multitude de boutiques fleurissent ça et là proposant divers produits du terroir.

LA BASSE NAVARRE ET LA SOULE

Si pour la plupart d’entre vous ces grandes villes sont connues, je vais m’attarder aujourd’hui sur l’intérieur de ce pays, un intérieur à vocation rurale et montagnarde. Le pays du fromage de brebis de l’Ossau-Iraty.

Ce territoire donc agricole, s’étend d’Ouest en Est de Sare à Tardets, elle, située en haute Soule, aux portes du Béarn, alors qu’au Nord, sa limite est l’Adour, fleuve frontalier

1

avec le département des Landes. Nous sommes ici dans ce pays vert comme vous le dites et celui ci se divise en deux parties.

Le piémont pyrénéen et la montagne proprement dite, dont le point culminant est le pic d’Orhy dominant de ses 2017 m le village de Larrau situé en Haute Soule.

Dans un premier temps, je vous parlerai de cette plaine, une plaine au relief malgré tout accidenté. Nous ne sommes pas ici dans la Beauce ou la Brie, où là bas tout est plat. Jusqu’à atteindre St Palais, en plein cœur du Pays de Mixe, l’on y rencontre de nombreuses vallées comme celle d’Arberoue et une multitude de petits villages tels Hasparren, Helette, Irissarry, et j’en passe. Ici, pas d’industrie, notamment depuis la disparition de celle de la chaussure, très peu de commerces, mais malgré tout, quelques hôtels, campings et gîtes et surtout de bons restaurants où vous seront servies les spécialités du terroir.

L’agriculture est donc l’activité principale et dans ces prairies vertes, vous y verrez de nombreux troupeaux d’ovins comme de bovins, mais également quelques cultures céréalières, principalement maïs. Le Pays basque n’est plus une terre à blé comme il l’était au temps jadis. Vous y verrez également des élevages de canards gras, eux d’ailleurs grands consommateurs de maïs.

De droite et de gauche, vous croiserez de nombreux petits villages, villages dont la population n’excède pas en moyenne les 300 âmes. Des villages aux maisons et aux fermes de caractère typiquement basque. Maisons, etxe en basque, aux murs peints à la chaux et aux colombages vert et rouge, soit les couleurs du drapeau basque appelé ici Ikuriña. Un rouge couleur sang. La plupart d’entre elles sont ornées de linteaux, sur lesquels sont gravés les noms des premiers propriétaires bâtisseurs, ainsi que la date de construction. Ici et là, vous y verrez quelques manoirs ou maisons castellisées et même fortifiées, attestant de la présence de certains nobles aux temps jadis. Les plus anciens, dateraient du XVI ème et XVII ème siècle.

Lorsque je contemple cette belle campagne, me vient malgré tout la nostalgie du passé. Un passé pas si lointain que ça, un passé datant d’avant les années 1970. En effet, lorsque en 1969 fut mis en place le plan du remembrement, l’on arracha à tour de bras haies et murets délimitant les parcelles, afin de les unifier. Ces haies, n’étaient elles pas le refuge de toutes espèces végétales comme animales, mais également, ne servaient elles pas au drainage de ces prairies ? Les clôtures en barbelés qui les remplacèrent ne rendirent en aucune façon ces fonctions. Pourtant, avec le recul, bon nombre d’agriculteurs en sont conscients et ne voit on pas dans certaines régions de France renaître ces bocages ?

LES ÈLEVAGES BOVINS.

Revenons sur l’élevage, élevage bovin en premier lieu. Ici domine la blonde d’Aquitaine, une vache à la robe froment, issue de la fusion en 1962 de 3 rameaux : la Garonnaise, la Quercy, et la blonde des Pyrénées. Essentiellement productrice de viande, elle est implantée de nos jours dans tout le Pays basque.

Malgré cela, l’on rencontre quelques éleveurs de vaches laitières telle la Prim’Holstein, en dépit de toutes les contraintes dues à cette forme d’élevage. Prix du lait ne cessant de baisser, mais surtout disponibilité du fermier 24 heurs sur 24 et ce 7 jours sur 7 en raison des deux traites journalières.

2

LES ÈLEVAGES OVINS

Le Pays basque a été de tout temps à jamais le fief de l’élevage ovin. Des brebis que l’on élève essentiellement pour la production de leur lait, lait servant à la confection du fromage, mais aussi pour la viande d’ agneau.

Ici, domine la Manex, Manex tête noire comme tête rousse, mais également d’autres races telles la Basco-béarnaise.

LA MONTAGNE DU LABOURD

Parlons maintenant de la partie montagne. Bien sûr, ici nous ne sommes pas en haute montagne comme nos voisins du Béarn et des Hautes Pyrénées, rien a voir non plus avec les Alpes. Parlons plutôt d’une moyenne montagne dont les sommets avoisinent les 1000 m d’altitude et ne dépassent que très rarement les 1500 m. Nous sommes ici dans des montagnes herbeuses, très peu boisées et encore moins rocailleuses. Soit les conditions essentielles pour l’estive, certains ne les nomment ils pas d’ailleurs  : « montagne à vaches » ?

Cette montagne, les Pyrénées, tout le monde l’a compris, s’élève de l’océan Atlantique plus exactement dans la mer Cantabrique au mont Jaizkibel déjà haut de 543 m, lui en Espagne, suivi côté français de La Rhune.

Larrun, comme nous l’appelons ici, domine de ses 905 m le Labourd et est surtout connu des touristes comme des randonneurs pour son petit train à crémaillère datant de 1924. L’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III comme chacun le sait, n’y lança t elle pas au XIX ème siècle la mode des excursions en montagne.

A partir de ce sommet et ce, jusqu’au mont Iparla (1044m) au dessus du village de Bidarray, déjà en province de Basse-navarre, vont se succéder un certain nombre de montagnes dont les principales sont d’Ouest en Est, le Mondarrain ( 750m ), l’Artzamendi ( 926 m ), le Baigura ( 897 m ), l’Ursuya ( 679 m ) et enfin l’Iparla. Toutes ces hauteurs dominent les villages de Sare, Ascain, St Pée sur Nivelle, Ainhoa, Espelette, Souraïde, Cambo les Bains, Itxassou, Louhossoa, Hélette et Bidarray.

Nous sommes ici dans des estives moyennes, des estives qui ne donnent pas lieu à transhumance, mais des alpages fréquentés tout au long de l’année par quelques troupeaux de brebis, mais surtout ici les pottoks.

Le pottok est une race de poneys vivant dans les montagnes de l’Ouest du Pays basque dont l’origine remonterait au Paléolithique. Cheval de petite taille, il présente des ressemblances morphologiques avec les chevaux des peintures rupestres de la région.

Dans ces montagnes, ne subsistent guère de cayolars. Le cayolar est une cabane, bâtie généralement en pierres, pierres extraites d’ailleurs sur place, et qui servait d’habitation aux bergers durant l’estive. Ici donc, le fromage est fabriqué à la ferme, ferme qui se trouve à proximité même de ces pâturages.

3

VALLÉE DES ALDUDES

A partir de Bidarray, nous allons prendre un peu plus d’altitude et entrer dans des vallées. Des vallées encaissées, très boisées, et surmontées de nombreux sommets, les sommets de l’estive. Des Osses, nous allons emprunter sur notre droite une route donnant accès à la vallée des Aldudes.

Cette vallée est irriguée par la Nive des Aldudes, un bras de la Nive proprement dite qui cette dernière est affluent du fleuve Adour.

Nous atteignons alors St Etienne de Baigorry, où ici comme vous le constaterez à première vue, les coteaux sont plantés de vignes. Il s’agit du vignoble de l’Irouléguy dont la réputation n’est plus à faire, une autre AOC du Pays basque.

Revenons à nos moutons, ou plutôt nos brebis, car nous sommes maintenant dans le fief du pastoralisme. Un pastoralisme remontant presque à l’antiquité. Ici, chaque ferme possède son troupeau, son troupeau de brebis Manex, qu’il soit à tête noire ou rousse. Mais qu’est ce qu’une Manex, me direz vous ?

MANEX TÊTE NOIRE

Cette dernière est une race de brebis très rustique, donc bien adaptée à la montagne basque et ses conditions climatiques. Implantée très anciennement dans les vallées pyrénéennes, elle serait, tout ceci au conditionnel, originaire d’Asie.

D’un format moyen, le bélier pèse de 70 à 80 kg et la brebis de 55 à 60 kg. Sa laine est blanche et très longue, près de 30 cm. Autant chez le mâle que chez la femelle, la tête est cornue. Cette tête comme les pattes étant noires.

Reconnue officiellement par le ministère de l’agriculture en 1970. Sa production moyenne de lait est de 110 litres sur une période de lactation de 4 mois. L’effectif des têtes noires serait pour le Pays basque seul de près de 90000, individus mâle et femelle confondus.

MANEX TÊTE ROUSSE

La tête rousse est la plus petite des races laitières des Pyrénées. Le bélier pèse de 55 à 70 kg, alors que la brebis ne pèse plus que de 45 à 50 kg.

Sa toison composée de laine blanche, est elle aussi très longue (30 cm). Sa tête, rousse, est dépourvue de cornes, excepté parfois chez le mâle. Comme la tête noire, elle est reconnue depuis 1970, mais est un peu plus productrice de lait que cette dernière. Environ 150 litres pour une même période. L’effectif est de plus de 280000 têtes.

4

BASCO-BÉARNAISE

Cette troisième race qu’est la Basco-béarnaise est elle aussi reconnue par l’Ossau-Iraty. De format moyen, 60 kg pour la brebis, 75 pour le mâle, sa toison est composée de laine blanche légèrement frisée. Le mâle comme la femelle porte des cornes enroulées en spirales. Il s’agit là d’une race que l’on rencontre le plus souvent en Béarn et en Haute Soule. C’est aussi une excellente laitière avec environ 180 litres de lait sur une période de 4 mois.

PAYS QUINT OU KINTOA

Dans cette vallée des Aldudes, nous croiserons les villages de Baigorry, Banca, les Aldudes et pour finir Urepel. Nous sommes ici dans une vallée quasiment enclavée, mais surtout en Pays Quint ou Kintoa.

Il s’agit d’ une zone de pâturages appartenant à l’Espagne mais dont la

jouissance revient aux éleveurs de la vallée de Baigorry depuis le traité de Bayonne du

2 décembre 1856. Une rente annuelle est versée à l’Espagne par la vallée des Aldudes

pour le pacage des troupeaux. Si la poste française assure la distribution du courrier et

EDF l’électricité, la guardia civile espagnole a à charge la sécurité. Les impôts fonciers

sont payés en Espagne mais, la taxe d’habitation en France. Quant aux allocations

familiales, elles sont versées par la France.

Les troupeaux de vaches qui traversent et pâturent pour leur transhumance

dans le Pays de Quint, en provenance de France sont marqués au fer rouge du sigle VE

(vallée d’Ero). Ce marquage a lieu chaque année à Urepel à la fin du mois de Mai au

cours d’une journée festive et conviviale, réunissant les autorités basques des deux

côtés des Pyrénées.Dans ce Kintoa, outre l’élevage d’ovins et de bovins, vous y

trouverez de nombreuses piscicultures, gage de la qualité des eaux de la Nive, mais

également des élevages porcins. Non pas des élevages en batterie où ces animaux

sont confinés dans des baraquements sans voir la lumière du soleil, mais des élevages

au grand air, en pleine montagne sur des coteaux boisés. Ici principalement chênes et

châtaigniers dont les fruits seront la base de l’alimentation de ce porc basque. Ce

porc se distingue à sa robe noire et blanche, le cul et la tête étant noir et à ses

longues oreilles tombant sur les yeux. En voie de disparition, il ne doit sa

réhabilitation qu’à une poignée d’inconditionnels de la race en 1981.De nos jours,

l’on recense plus de 80 élevages, reconnus en AOP depuis 2017.

MONTAGNES DES ALDUDES

Dès Baigorry donc, la montagne domine avec des sommets dont l’altitude moyenne est de 1000 m. Le point culminant, est le Laurigna et ses 1278 m.

En descendant du Nord au Sud, voici le Toutoulia (987m), l’Astate (1022m), l’Autza (1305 m), lui, côté espagnol, l’Antsola (1119m), l’Ixtauz (1024m), l’Abraku (1007m), le Zarkindégui (860 m) et l’Ichterbégui (1027 m). Il est à noter que tous ces sommets sont frontaliers.

5

Toujours du Nord au Sud, mais cette fois sur notre gauche, s’élèvent le Jara (811 m), l’Oilarandoi surmonté d’une chapelle (933 m), le Munhoa (1021 m), l’Arrolakoharria (1060 m), l’Adarza (1250 m), puis à nouveau les frontaliers Mendimotcha (1224 m), l’Argaray (1229 m), Mehatze (1209 m), Laurigna (1278 m), l’Axiztoi (1230 m) pour terminer au Lindux (1220 m).

Comme vous le verrez sur la carte, cette vallée des Aldudes, est une avancée vers l’Espagne et, c’est pour cette raison que la frontière se trouve de droite comme de gauche.

Nous y voyons également de nombreuses forêts comme notamment celle d’Hayra, une forêt plantée de hêtres et de quelques rares sapins.

Les forêts basques sont principalement plantées de chênes, hêtres et châtaigniers, mais l’on y rencontre malgré tout d’autres espèces tels, conifères et bouleaux. Ces arbres sont implantés selon l’altitude. Si au niveau inférieur l’on y trouve chênes, bouleaux et châtaigniers, à l’étage supérieur et ce, jusqu’aux environs des 1200 m, croissent alors hêtres et conifères.

LE PASTORALISME

Le pastoralisme est et a toujours été l’activité de cette vallée comme bien d’autre vallées d’ailleurs et ce, depuis des siècles.

Pourtant, le métier de berger ne s’improvise pas, il se transmet de père en fils. C’est un métier assez dur et le travail en estive est contraignant. Il y a tout d’abord le relief, les conditions climatiques, mais surtout l’isolement. Bien sûr la montagne est belle, notamment par beau temps, mais imaginez cette montagne par temps de brouillard, où l’on y voit pas à 10 mètres, par grand vent où, il est quasiment impossible de se tenir debout, sans parler de la pluie et parfois même de la neige. Il faut malgré cela surveiller le troupeau, seul avec uniquement l’aide de son chien. Traire les brebis 2 fois par jour jusqu’à leur tarissement fin Juin, faire le fromage, penser au ravitaillement. Si de nos jours, une route mène à chaque bergerie, il n’en était pas de même aux temps jadis. Puis, il y a les soirées, seul au coin du feu, sans radio ni télévision. Alors, nombre de ces bergers se sont improvisés poètes. Écrivant des chansons, des chansons bien souvent nostalgiques, parlant de la bien aimée, elle restée en bas, des poèmes sur la nature, les animaux et même des légendes.

Les bergers basques ont toujours été reconnus de par le monde pour la qualité de leur travail, notamment par les américains. Ces derniers s’étant lancés dans l’élevage intensif d’ovins dès la fin du XIXème siècle, firent alors appel à eux. Dès 1870, de vastes territoires d’élevage furent ouverts en Californie près des Rocheuses et de la Sierra Névada. Les conditions y furent pourtant apocalyptiques. Déserts arides, soleil de feu, comme froid intense, mais surtout solitude. Seuls compagnons, 3 ou 4 chiens et tout cela à des semaines voire des mois de marche de toute habitation.

Aujourd’hui, que sont devenus ces migrants ? Si certains sont retournés au pays fortune faite, la grande majorité ayant pu obtenir la nationalité américaine, s’y sont implantés. Y ayant fondé une famille, certains ont acquis des ranchs, d’autres sont à la tête de champs pétrolifères, ou ont tout simplement pris leur retraite.

6

VALLÉE D’ARNÉGUY

Nous allons nous diriger vers St Jean Pied de Port et prendre sur notre droite une route menant au village d’Arnéguy et sa vallée du même nom.

Sur Ouest, nous apparaissent les sommets frontaliers vus auparavant dans la vallée des Aldudes.

Arnéguy est un village à cheval sur la France et l’Espagne délimité par la Nive du même nom que cette commune. Dès franchie cette frontière, la route monte jusqu’au col d’Ibañeta, lieu historique où en l’an 778 se déroula la bataille de Roncevaux. Cette dernière opposa l’arrière garde de l’armée de Charlemagne commandée par Roland aux Vascons.

Comme partout dans le monde, la montagne basque, a elle aussi été le théâtre de célèbres batailles. De nombreux vestiges en témoignent, vestiges romains, comme plus contemporains. Nous y voyons des redoutes , comme celles de Château Pignon ou Lindux, érigés aux environs du XVIème siècle où s’opposèrent troupes françaises et espagnoles. Plus tard, à l’époque Napoléonienne (1813), les troupes du Maréchal Soult, furent confrontées à celles de Wellington commandant des armées anglaises. Lors de la seconde guerre mondiale, les Pyrénées et la montagne Basque, furent un haut lieu de transit pour de nombreux prisonniers de guerre, comme pour de nombreux juifs. Et ici, les chemins des contrebandiers en furent les témoins.

Mais, laissons derrière nous ces heures sombres et intéressons nous à la partie française de cette vallée en nous dirigeant plein Est. Après une longue montée par une route sinueuse et étroite, nous nous retrouvons dans une vaste zone de pâturages allant du Pic d’Orisson à la grotte d’Harpea.

Nous y croiserons la route Napoléon, ou plutôt route des Pèlerins de St Jacques de Compostelle. Crée au IXème siècle, il devient dès le XIème un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale. On y dénombre plusieurs voies dont la principale part du Puy en Velay situé en France dans le département de la Haute Loire, nommée celle ci Camino Francés. Nous sommes donc ici sur ce Camino Francés menant à Compostelle, situé en Galice, sur l’étape la plus dure rencontrée depuis le départ par tous ces pèlerins.

Au départ de St Jean Pied de Port la route monte sur près de 25 km pour un dénivelé de 1250 m, soit plus de 7h 30 de marche avant d’atteindre la collégiale de Roncevaux, terme de l’étape. L’on y dénombre chaque année plus de 200000 pèlerins venus d’horizons différents. Nous y voyons des européens, des sud- américains, mais surtout depuis quelques années de nombreux asiatiques.

HAUTEURS D’ORISSON

Nous prenons ici encore un peu plus d’altitude, avec des sommets dépassant les 1000 m et dont le point culminant est le Leizaratheka et ses 1410 m. Puis voici le col d’Arnostéguy dominant le profond vallon d’Oilazkoa, mais surtout surmonté par l’Urkulu.

Au sommet de ce pic haut de 1341 m, nous y voyons les vestiges d’une tour romaine datant du premier siècle avant JC. Cette dernière de forme tronconique et d’un diamètre de 20 m pour une hauteur actuelle de 3,5 m, est constituée de blocs de pierres dont l’épaisseur dépasse les 2,5 m. A ses alentours, se trouvent également de nombreux vestiges préhistoriques tels, dolmens et cromlechs, sans oublier une maison fortifiée datant du XVIII ème siècle, plus exactement 1793 lors de la guerre du Roussillon entre la France et l’Espagne.

Nous sommes maintenant dans un relief karstique surmontant la forêt d’Orion plantée de hêtres centenaires, mais nous sommes surtout dans un haut lieu de pâturages et apercevons de toutes parts de nombreux troupeaux et cabanes de bergers.

7

Un karst est une structure géo-morphologique résultant de l’érosion de toutes roches solubles, tels les calcaires.

Poursuivant notre route, nous atteignons la grotte d’Harpéa, un phénomène naturel appelé anticlinal soit un pli convexe occupé en son centre par les couches géologiques les plus anciennes.

CROMLECHS D’IRUPILE

Nous sommes ici dans un cul de sac, en effet la route s’arrête là près d’une autre bergerie. Il nous faut donc rebrousser chemin pour atteindre le col d’Orgambidé, (988m traduire par chemin des charrettes), où sur notre droite s’élève un alignement de cromlechs. Ces cromlechs d’Irupile de construction récente (2006) sont composés d’une vingtaine de pierres disposées en cercle au centre duquel se trouve une pierre gravée. Sur cette dernière sont évoquées les facéries de l’an 1526 entre les vallées d’Aezkoa en Espagne et de Garazi en France.

Les facéries, ou lies et passeries, sont des traités signés depuis le moyen âge entre vallées frontalières afin de sauvegarder la paix et de réguler l’élevage dans les estives.

VALLÉE DE LA NIVE

Nous allons maintenant changer de vallée dès à nouveau St Jean Pied de Port. Il est vrai que de ce village, converge nombreuses de ces vallées.

Cette dernière, très encaissée est surmontée de nombreux pics dont l’altitude moyenne ne dépasse pas les 800 m. Irriguée par la Nive, où d’ailleurs cette rivière prend sa source, nous y voyons les villages de St Michel et d’Esterençuby.

La Nive prend sa source au pied du mont Mendizar (1323 m) avant de se jeter 79 km plus loin dans l’Adour à Bayonne.

HAUT ESTÉRENGUIBEL ET ARTXILONDO

Passé Estérençuby, nous allons prendre encore un peu plus d’altitude pour atteindre le Haut Estérenguibel et le plateau d’Artxilondo. Après avoir franchi le col d’Arté surmonté du pic d’Arthaburu (1156 m) s’ouvre à nos yeux une vaste étendue de pâturages, à l’herbe bien verte et où ne croisent pas le moindre arbre. Les troupeaux comme les cabanes de bergers sont ici nombreux. Troupeaux de bovins, comme d’ovins, mais également quelques chevaux.Voici sur notre gauche l’Errozaté (1347 m) faisant face à l’Iraukotuturru (1070 m) et l’Occabé point culminant avec ses 1456 m. Sur ce dernier, l’on y trouve de nombreux cromlechs.Ceux ci sont des sites funéraires et Occabé est considéré comme une nécropole sacrée et même un haut lieu de la Protohistoire au Pays basque. Définition de ce mot Protohistoire : science qui regroupe l’ensemble des connaissances sur les peuples sans écriture des premières civilisations historiques. En résumé, n’ayant laissé aucun écrit. Cet ensemble archéologique au centre duquel se trouve Occabé est composé de 10 dolmens, 63 tumulus, 107 cromlechs et 232 fonds de cabanes. Les cromlechs se composent d’une quarantaine de pierres au maximum délimitant un cercle parfait de 7 mètres de diamètre. En leur centre, étaient étalées les cendres du défunt. La datation au carbone 14 a situé ceux ci de 2370 avant JC pour certains cromlechs, et aux alentours de 420 avant JC pour d’autres.

8

FAUNE ET FLORE DES MONTAGNES BASQUES

Sur toutes ces hauteurs du Pays basque nous y voyons une faune et une flore luxuriante. Comment ne pas parler du vautour, du gypaéte barbu, du percnoptère et de divers autres rapaces? Nous y trouvons également une multitude de petits volatiles, tels pie grièche écorcheur, pinson des arbres, alouette des champs, caille des blés, etc, etc. Les cervidés, y ont également leur place (chevreuil, biche, cerf) et depuis quelques années, isards implantés ici par la Fédération des chasseurs des Pyrénées Atlantiques. Ceux ci sont issus du Parc National des Pyrénées et leur nombre va croissant.

Du point de vue flore, cette dernière est diverse et variée. Digitale pourpre et blanche, renoncule, chardons, gentianes, etc, etc.

VALLÉE D’HERGARAI

St Jean Pied de Port, est à la base même de l’entrée 3 vallées. Nous venons d’en voir 2, voici maintenant celle d’Hergarai.

Cette dernière, débute plus précisément à St Jean le Vieux et nous mènera via Lécumberry et Mendive à Iraty et sa célèbre forêt. Après une montée en lacets, où s’offre à nos yeux un superbe panorama sur la plaine de St Jean Pied de Port et le massif du Béhorléguy, nous voici aux cols d’Haltza et d’Haritzkurutxe. Nous dominons alors un profond vallon du nom de Gaznatey (traduire fromagerie) où se trouve un très grand nombre de bergeries encore pour la plus part en activité.

Avant de poursuivre notre chemin vers le col de Burdinkurutxeta (1035 m) emprunté à plusieurs reprises par les coureurs du tour de France comme par de nombreux cyclotouristes, nous voyons sur notre gauche une petite chapelle. Il s’agit de la chapelle de St Sauveur, une chapelle et ses légendes.

CHAPELLE ST SAUVEUR

Cette chapelle de fondation romane est mentionnée au XIIème et XIIIème siècle sous le nom de Sanctus Salvador. Elle relevait de l’Ordre de Malte dépendant lui même de celui d’Irissarry. A l’initiative du curé de Béhorléguy, elle subit une importante restauration en 1727. Un chemin de croix extérieur fait le tour de l’édifice.

St Sauveur a ses légendes.

Près de l’édifice, se trouve une petite niche qui abritait une statuette de bois polychrome très ancienne représentant une jeune fille, un bras levé, l’autre tenant une houe. Il s’agit de Xaindia (Sainte). Étant sortie la nuit pour chercher cet outil, elle fut emportée dans les airs par des esprits démoniaques qui la déposèrent ensuite au sol.

Autre légende, celle de Basajaun, traduire par « seigneur de la forêt » ou « seigneur sauvage » désignant dans la mythologie basque une créature imaginaire sorte d’homme corpulent poilu et sauvage vivant dans les Pyrénées basques, en particulier dans la forêt d’Iraty. Son épouse est Basandere.

Basajaun, détenteur d’un chandelier de cuivre noirci qui aurait été en or, se le fit dérober par un berger audacieux. Ce dernier, n’eut la vie sauve qu’en entrant dans la chapelle, car comme toutes les créatures mythiques, Basajaun fuyait les édifices et les signes religieux, comme le son des cloches.

Il existe autour de cette chapelle plusieurs récits mettant en scène des conflits entre bergers et êtres fantastiques.

9

IRATY

Sur cette route montant vers le village des chalets de bois d’Iraty, nous voyons s’élever sur notre droite le Mendibel (1411 m), suivi du pic Chardeka (1440 m) de l’Arthanolatze (1531 m) et enfin du pic des Escaliers (1472 m). Après une courte descente, voici un petit lac sur le bord duquel se trouve le chalet Iraty-Cize.

Vous pourrez dans un premier temps vous y désaltérer et même prendre un casse croûte, mais surtout, l’on vous y parlera pastoralisme et fabrication du fromage, vidéo à l’appui. Non loin de là, se trouve un restaurant aménagé dans une ancienne bergerie où vous dégusterez divers produits du terroir. Il y aura là du jambon de montagne, diverses charcuteries, viande de mouton et même truites sauvages, sans oublier bien sur l’incontournable fromage. Du fromage de brebis accompagné d’un verre de vin rouge, pourquoi pas d’ailleurs de l’Irouléguy, et même de confiture de cerises noires, chères à Itxassou.

Toujours plus haut comme le dit la chanson, voici donc ce village d’Iraty. Village est un bien grand mot, car ici, pas d’église, pas de mairie, pas de fronton comme dans tous les villages basques, mais un village quasiment artificiel qui a vu sa naissance en 1967. Un village de chalets de bois au nombre de 40, qui sont proposés à la location tout au long de l’année. Nous trouvons ici tout un réseau de sentiers de randonnées pédestres comme à VTT, des pistes de ski de fond et raquettes, des cours de tennis, un centre équestre et même un restaurant bar épicerie. Nous sommes ici au col de Bagargiak, à une altitude de 1330 m de laquelle s’offre à nous un panorama à couper le souffle.

Face à nous, voici le point culminant des Pyrénées Basques-Françaises : le pic d’Orhy et ses 2017 m. S’ensuit alors, direction plein Est, une multitude de pics dépassant tous les 1600 m, avant d’atteindre les premières hauteurs béarnaises. Nous sommes alors à la Pierre St Martin dominée par le pic d’Anie et ses 2504 m. Plus loin encore, paraît la vallée d’Aspe et son pic de Sesques haut de 2606 m, frontalier avec la vallée d’Ossau et son célèbre pic du même nom appelé là bas « le Jean-Pierre » culminant à 2884 m.

Ces vallées béarnaises sont également tournées vers l’élevage, élevage d’ovins principalement, eux aussi producteurs de fromage sous l’appellation Ossau-Iraty pour certains.

IRATY ET SES COLS MYTHIQUES DE LA CHASSE À LA PALOMBE

Nous allons maintenant rebrousser chemin jusqu’au col d’Héguichourria pour

emprunter sur notre gauche une route servant de piste de ski de fond en hiver. Route

également dite des palombes.

Nous sommes ici dans ce qui fut un temps le haut lieu de la chasse à la

palombe. La route des cols mythiques de Mehatxe, Pellusegagne, Sensibile,Odixare,

Tharta, Bizcarzé et Millagate.

Tous ces cols empruntés antan par près de 2 millions d’oiseaux, ne vivent plus,

depuis la fin du siècle dernier, que de souvenirs. Souvenirs de tous ces chasseurs

venus de quasiment toute la France, qui à l’époque louaient à grand frais les postes de

tirs alentours, comme les gîtes de Larrau, St Engrace et autres villages souletins, sans

oublier les chalets d’Irati. Souvenirs, car de nos jours, ces petites communes qui

vivaient de la manne apportée par tous ces chasseurs en seulement un mois, ont dû se

tourner afin de survivre vers un tourisme plus estival, voire hivernal avec les stations

de ski de fond d’Irati et d’Issarbe.

11

Que sont donc devenus ces cols que tous chasseurs délaissent aujourd’hui ? Des

pâturages, des sentiers de randonnées, des pistes de ski de fond sur lesquels

n’apparaissent plus que les fantômes des anciens postes de tir. La Soule ne vivait à

l’époque que pour ce seul mois d’automne.

Alors pourquoi, les palombes ont elles déserté ses hauteurs? A cela plusieurs

explications possibles. Le réchauffement climatique est une des causes principales,

car, comme constaté, bon nombre de ces oiseaux n’effectuent plus qu’une migration

partielle. Notre grand Sud-ouest est devenu depuis quelques années le lieu

de prédilection pour leur hivernage. Il est vrai que les conditions climatiques sont des

plus favorables, et il faut ajouter à cela l’abondance de nourriture, telle, le maïs. Il faut

savoir que chaque année au mois d’Octobre, près de 5 millions de ces oiseaux

migraient vers la péninsule ibérique, alors que de nos jours, la moitié à peine,

rejoignent l’Espagne et le Portugal. Autre hypothèse, la pression de chasse, mais

comme il est constaté également, un oiseau devenu peut être plus prudent en prenant

moins de risques.

Pourquoi donc franchir les Pyrénées par des cols situés à très haute altitude,

alors que, plus à l’Ouest, soit au niveau de la mer, cela est plus aisé pour eux. Chaque

année, des comptages sont effectués lors de cette migration. Les chiffres parlent

d’eux mêmes. Tout juste 50000 palombes sur ces cols d’Iraty et par contre plus d’un

million sur Urrugne, situé en bordure de l’océan.

FORÊT D’IRATY

Nous sommes ici en plein cœur de la forêt d’Iraty, une forêt plantée de

hêtres, qui constituent la plus grande forêt de feuillus d’Europe. Sa superficie est 17300

ha répartis entre la Soule et la Basse-Navarre côté français et la Navarre côté espagnol.

Elle abrite de nombreuses espèces animales comme végétales tels cerfs, biches,

sangliers, divers passereaux, houx, fragons, fougères etc, etc.

Elle constitue par contre des zones d’ombre et de fraîcheur pour les

troupeaux en estive.

11

MASSIF DES ARBAILLES

Nous voici maintenant depuis à nouveau le col de Bagargiak, sur une route

menant au massif des Arbailles et notamment au lieu dit Ahusquy. Après avoir traversé

les bois de Mayrule et Arhansus, nous découvrons sur notre droite le chaînon de

Béloscare, et face à nous, le majestueux pic de Béhorléguy.

Parlons tout d’abord d’Ahusquy, un lieu connu pour sa source aux eaux soit

disant vertueuses, mais également pour son auberge dont la spécialité de foie frais aux

pommes, attire les gastronomes de tout le Sud-ouest de la France. C’est dans ce massif

des Arbailles que prend sa source la Bidouze, affluent de l’Adour se jetant à Guiche

après avoir arrosé St Palais. L’originalité géologique des Arbailles réside dans le fait

que l’on y trouve toutes les formes de relief qui caractérisent un karst.

Le karst, comme nous l’avons déjà vu, est une structure géo-morphologique

(étude du relief) résultant de l’érosion de toutes roches solubles, dont les calcaires.

Exploré par les spéléos à partir des années 1950, des études ont permis de recenser un

millier de cavités, une dizaine de rivières souterraines, de grands gouffres et de

nombreuses grottes. Le gouffre d’Aphanicé possède le plus grand puits de France

(328m).

La zone de pâturage s’étend ici jusqu’au pic de Béhorléguy (1265 m) et

d’Hauskoa (1268 m). Les bergeries comme les troupeaux sont nombreux ici aussi.

Pourtant, un problème crucial y apparaît chaque été: le manque d’eau. Malgré la

construction de puits fonctionnant à l’énergie solaire, il faut bien souvent recourir à

l’alimentation de ceux ci par des camions citernes. Nous sommes ici pour la partie

Nord de ces alpages en Basse-Navarre, alors qu’au Sud, nous sommes en Soule.

LA SOULE

Nous allons donc entrer dans cette province et rejoindre le village de Tardets.

Un village situé au pied de la Haute Soule, réputé pour son pastoralisme mais surtout

pour le rallye des cimes.

Cette épreuve aujourd’hui inscrite au championnat de France des rallyes tout

terrain, fut à une époque lointaine une course organisée par les bergers locaux

détenteurs de Jeeps de l’armée américaine. Celle ci se déroule chaque année le premier

week-end de Septembre, et se termine en apothéose sur les hauteurs de la Madeleine

devant une foule de passionnés. La Madeleine, est une colline haute de 795 m dominant

Tardets. En ces lieux, se trouve également une chapelle datant du XV ème siècle, dont

l’implantation serait liée au passage des pélerins de Compostelle. De nos jours, deux

processions y ont lieu chaque année.

VALLÉE DE L’UHAITXA

Nous allons maintenant nous rendre à St Engrâce dans cette vallée de l’Uhaitxa, percée de nombreuses gorges, telles celles de Kakouetta et d’Ehujarre, sans oublier la salle de la Verna. Cette dernière ouverte au public en 2010, est une cavité faisant partie du célèbre gouffre de la Pierre St Martin. D’un diamètre de 250 m et d’une hauteur de 194 m, elle pourrait contenir 6 fois la cathédrale Notre Dame de Paris.

Si cette vallée fut longtemps enclavée, elle ne vit son ouverture vers la Pierre St Martin par le col du Soudet, que dans les années 1980.

12

Les zones de pâturage se situent principalement sur le flanc Ouest à une altitude moyenne de 1400 m. Nous y voyons le Négumendi (1307 m), l’Otxogorria ( 1410 m), le Sarimendi (1483 m), l’Izeito (1458 m), l’Eskantola (1512 m) pour se terminer au Sud aux pics de Bimbaleta (1760 m) et Lakhoura (1881 m) eux, frontaliers.

L’agriculture et le tourisme, sont les principales ressources de ce village et l’on y dénombre plusieurs gîtes ruraux et même deux campings.

Revenons un instant sur ces gîtes ruraux que vous rencontrerez dans quasiment chaque villages du Pays Basque. A l’origine, l’Etxe (maison en basque) était une grande bâtisse à vocation agricole dans laquelle plusieurs générations d’une même famille cohabitaient. De nos jours, cette tradition s’étant perdue, chacun vivant de son côté, ces maisons se retrouvent en partie vidées.

Avec le développement du tourisme rural, sachant qu’au Pays Basque, la mer est toute proche et la montagne tout autant, bon nombre d’agriculteurs aménagèrent alors ces espaces vides en gîtes. Cela leur permit de faire connaître ce monde rural sans oublier pour eux un complément financier.

ABBAYE DE ST ENGRÂCE

St Engrâce est également connue pour son abbaye fondée en 1085 par l’abbaye de Leyre en Navarre, à laquelle s’adjoignait un hôpital pour les pèlerins . C’était une étape sur le chemin de Compostelle, dont le nom faisait référence à une jeune lusitanienne qui fut martyrisée par les romains vers l’an 300, alors qu’elle se rendait en Gaule pour y épouser un noble chrétien. Le culte de la Sainte prit naissance à Saragosse et la légende dit qu’au Xème siècle, des voleurs s’emparèrent d’un bras de la Sainte et le cachèrent dans le tronc creux d’un chêne. Chaque jour, un taureau s’agenouillait devant cet arbre et ses cornes flamboyaient.

Une église fut alors édifiée à cet emplacement et devint lieu de pèlerinage. La précieuse relique disparut en 1569 au cours des guerres de Religion.

L’église fut classée Monument historique en 1841 et fut l’objet d’importants travaux de restauration dans le milieu des années 1980.

HOLZARTÉ

Quittons maintenant ce village pour nous rendre à Larrau, mais auparavant, nous

ferons une halte au lieu dit Logibar, point de départ vers les gorges d’Holzarté et

d’Holhadubi . Ces dernières sont surmontées d’une passerelle réservée aux randonneurs

du GR 10, sur le chemin menant au village voisin de St Engrâce. Ici il y a foule, une

multitude de marcheurs et surtout de curieux désireux de découvrir cette particularité.

En effet, cette passerelle suspendue 150 mètres au dessus du vide, procure à tout un

chacun une certaine montée d’adrénaline.

Construite en 1920 par les ouvriers italiens d’une scierie de Tardets, elle permit

l’exploitation forestière du bois d’Holzarté. Longue de 70m, cette dernière bouge sous

vos pas lorsque vous la franchissez. Elle fut restaurée en 2010 suite aux dégâts causés

lors du passage de la tempête « Xynthia ». Il faut de ce parking près de 45 minutes de

marche pour l’atteindre.

13

LARRAU

Ce petit village perché à 600 m d’altitude est lui aussi tourné vers l’agriculture et plus particulièrement l’élevage. Des élevages de brebis, comme de bovins. Ici, aucunes cultures et ce en raison du relief comme du climat.

Arrosé par le gave de Larrau, celui ci est surmonté au Nord par le chaînon de Béloscare surnommé ici « les chèvres de Larrau ».

Au Sud et par la route montant à travers le bois de St Joseph, nous atteignons les pâturages d’Erroimendi (1366 m). Nous y voyons de nombreux troupeaux pâturant sur les pentes du pic d’Orhy (2017 m) comme de l’Eraizegagna (1451 m). Pâturages dominant d’ailleurs les gorges d’Holzarté vues plus bas.

Plus loin encore, mais surtout plus haut, nous voici au Port de Larrau (1573 m). Nous sommes ici à la frontière, surplombant plein Sud l’Espagne et la vallée de Salazar. Sur ces crêtes frontières, les sommets dépassent allégrement les 1500 m.

Voici, l’Axurterrigagna (1665 m), le Betzula (1590 m), l’Otxogorrigagna (1923 m) et le Chardekagagna (1866 m). Toutes ces hauteurs furent également des hauts lieux de la migration des palombes et l’on peut encore y voir des cabanes de chasseurs, qui se louaient à l’époque à prix d’or et qui firent l’embellie de Larrau.

CONCLUSION

Nous sommes au terme de ce voyage dans les 3 provinces basques d’Ipharaldé et surtout de ses montagnes.

Au delà de ce Pays basque, d’autres vallées suivront, des vallées de haute montagne : les vallées béarnaises.

Tout d’abord, la vallée du Baretous au pied de la Pierre St Martin, la vallée d’Aspe menant au col du Somport et pour terminer la vallée d’Ossau, frontalière avec les Hautes Pyrénées de Bigorre.

Toutes ces vallées, toutes ces montagnes et tous ces villages que vous venez de découvrir, sont productrices de fromage de brebis en appellation Ossau-Iraty.

Mais sachez toutefois que ce pays vert ne doit cette dénomination, qu’au travail des agriculteurs et de leur troupeaux qui contribuent à l’entretien de tous ces pâturages.

Imaginez une seconde, qu’un jour pour diverses raisons, ces derniers décident de ne plus monter à l’estive. Ces montagnes deviendraient alors désolation. La végétation s’y développerait à outrance. Tout les chemins de randonnées, bien souvent tracés par les troupeaux, seraient envahis de ronces, d’ajoncs, d’arbustes voire mauvaises herbes. Le travail des bergers et de leur troupeau est essentiel au maintien de sa propreté et de sa

belle couleur verte, comme d’ailleurs l’écobuage tant décrié. Là dessus hors de question

pour moi de polémiquer.

14

UN PETIT TOUR SUR LE TERRAIN EN MA COMPAGNIE

Nous venons de faire le tour de ce Pays basque rural et montagnard par le biais

de mon exposé, illustré de mes propres photos.

Bien sûr, me direz vous, rien ne vaut le terrain ? Venant de créer ma propre

auto-entreprise de guide touristique en montagne et cela en voiture (donc pas de marche

à pied), du nom de KRIXTIANEN-MENDIAK (les montagnes de Krixtian), je vous

propose de vous les faire découvrir.

Pour ce faire, j’ai crée 6 parcours, des parcours d’une distance moyenne de 150

km. Des parcours au cours desquels, je vous parlerai de ce pays, de son histoire, de sa

géographie, de ses traditions et même légendes, mais aussi de sa faune et de sa flore.

Nous rencontrerons des bergers, qui vous parleront de leur métier, tout cela en

dégustant leur production de fromage, fromage Ossau-Iraty bien sûr. Je vous ferai

également découvrir les principaux produits du terroir. Le vin d’Irouléguy, les élevages

de porc basque, une pisciculture spécialisée dans le fumage des truites et même la

maroquinerie, un producteur de canard gras et même un chocolatier.

Ayant crée un site Internet, vous y trouverez toutes les informations

concernant ces randonnées, si l’on peut appeler cela ainsi, comme mes conditions et

tarifs. Un blog figure même sur ce site, alimenté par des articles divers, écrits de ma

main, et surtout des photos, personnelles également.

Vous espérant nombreux à vouloir visiter ce pays vert, ce Pays des Basques,

je vous souhaite bon séjour et surtout bonne dégustation.

KM.

15